mardi 15 septembre 2009
658. L'Église de Google, une église satanique ?
C'est il y a 12 ans exactement que le nom de domaine google.com a été acheté. Et, donc, c'est aujourd'hui (enfin, plutôt hier -- ne me demandez pas pourquoi) que tombe la journée d'appréciation de Google.
Ce n'est pas une simple journée comme les autres. C'est l'équivalent de Noël-Pâques-Ascension-Immaculée (le salaud) conception-Pentecôte, bref, le seul et unique jour saint pour tous les fervents adeptes de l'Église de Google.
Oui, car Google est Dieu. Constat simple, et, pour une fois, prouvable ! Et, bonus, Google, lui, existe...
*
Si l'athéisme n'est pas pour vous, si vous ne pouvez pas vous passer d'un Dieu, alors faites-moi une faveur et rejoignez au moins l'Église de Google. Google ne vous permettra pas d'être meilleur, mais au moins plus cultivé. Et entre culte et culture, il y a autant de dissidence que de rapprochements.
Et si vous trouvez stupide de vénérer Google parce que votre Dieu habituel est très bien comme ça, alors lisez Pour en finir avec Dieu (The God Delusion), de Richard Dawkins, qui est un livre vraiment bien fait et qui vous donnera, je l'espère, matière à réfléchir.
Réfléchir sur Dieu, évidemment, mais sur la morale, sur les croyants, sur l'aveuglement, sur le fanatisme, sur l'intolérance (de part et d'autre), sur la vie, sur la liberté d'opinion, sur la liberté d'expression, sur le fait qu'il est plus simple d'être élu président des États-Unis si on est noir que si on est athée, sur le fait qu'on se permet de dire c'est un enfant catholique là où on n'oserait jamais dire c'est un enfant marxiste...
Avec ou sans religion, les gens qui sont bons agiront bien, et les gens qui sont mauvais agiront mal. Mais pour qu'une personne bonne agisse mal, il y a besoin de la religion.
*
Entr'acte
Non, non, ce n'est pas de la pub, même si je vais quand même vous dire que vous pouvez trouver d'autres t-shirts athéistes sur le site du Telegraph.



Allusion aux Born again christians, qui sont
nés à nouveau en tant que chrétien.

What Would Dawkins Do?
Plus raisonnable que de se demander
ce que ferait Jésus à notre place.
Et parce que c'est fair-play de dire qu'on trouve les leurs des fois bien trouvés :

Bon, maintenant, vous pensez vraiment que les croyants ont moins
peur de la mort que les athées ? Surtout ceux qui croient à l'enfer...
*
Je ne vais pas trop m'étaler sur le sujet des parodies de religion, vu que j'ai déjà traité de la licorne rose et du monstre spaghetti volant. Ni même plus longtemps de la religion elle-même. Revenons toutefois sur le déité supputée de Google.
Car, oui, il reste l'angle concret de l'ubiquité de ce monstre d'informations.
Google, on aime, on n'aime pas, on a peur, on ne comprend pas. Ce qui est sûr, c'est qu'il est difficile de l'éviter de nos jours. Qui peut dire de quoi demain sera fait ? On n'imaginait pas combien les ordinateurs et internet prendraient de l'importance ; il est impossible de prédire ce que sera notre futur, même proche.
Faut-il combattre Google en frisant l'excès pour protéger la vie privée, à l'image de notre préposé fédéral à la protection des données qui demande l'interdiction de Google Stree Views ?
Faut-il au contraire profiter des possibilités qui nous sont offertes, voire contribuer au classement des données pour l'usage de tous, dussent-elles résider chez une entreprise privée ? Le cas des livres scannés par Google est exemplaire : sans cela, nous serions privés de la consultation en ligne de nombreux ouvrages, anciens et peut-être fragiles pour certains. La recherche d'informations pertinentes en est quand même facilitée.
Mais d'un autre côté, il est clair qu'on peut comprendre la bataille menée par ceux qui ne veulent pas se voir déposséder du droit d'utilisation de ces oeuvres, même pour un temps limité, ou qui, simplement, ont peur que Google prennent trop d'ampleur en devenant vraiment un monstre inapprivoisable.
jeudi 12 février 2009
610. En vrac, dans les restes de l'Église
Une pierre tombale qui dit Mourir, c'est triompher, ça vient forcément de quelque part.
J'ai trouvé un poème de Caouette, datant de 1888 : Qu'est-ce que la vie. Le contexte aide un peu à comprendre ce qui est entendu par là.
En mourant au péché, son âme se délie
Et recouvre aussitôt la véritable vie.
Vivre enfin, ici-bas, c'est souffrir et lutter ;
Vivre aussi, c'est le Christ ! mourir, c'est triompher !
Et si vous voulez d'autres (tous les autres ?) poèmes de Caouette, vous pouvez remercier le Projet Gutenberg.
Il semble aussi que ce poème soit traduit de What is Life, d'un Samuel Moore dont je ne trouve nulle trace. C'est vrai qu'un Moore de plus, et datant d'avant 1888 alors que Wikipedia n'existait même pas encore sur Minitel...
Rappelons toutefois dans ce contexte poétique mais légèrement théiste que ceci n'est pas un appel au suicide, toujours sévèrement puni par les affres de l'enfer au mêne titre que de couper l'alimentation à un corps quasi mort depuis 17 ans.
Oui, l'Église interdit de cloner pour multiplier la vie, mais elle oblige à prolonger artificiellement la vie ; elle veut qu'on se multiplie, mettant ainsi en péril le reste de la Création, et donc interdit un moyen contraceptif qui peut évtier la mort des nombreux gens ; elle interdit aux prêtres de se marier, mais ferme les yeux sur certains... dérapages affectifs.
Ces temps, c'est un peu le retour des négationnistes, mais le Pape n'était pas au courant. À croire que la communication entre Dieu l'omniscient et sont bras gauche (parce que le droit, ça doit être Jésus) (et le Saint-Esprit, c'est le directeur, je crois, mais la Trinité, ça fait des siècles que les théologiens cherchent encore à expliquer ça) a dû être interrompue, et ça expliquerait pas mal de trucs.
Bon, on savait que l'Église avait un rôle social depuis longtemps. Et l'on sait qu'une grande part du social, maintenant, c'est le divertissement. Normal que l'Église cherche à être de la partie en restant le plus possible sous le feux des projecteurs plutôt que ceux de l'enfer. On n'est pas près de les voir en panne d'inspiration (bien qu'ils copient une grande partie dans le bouquin le plus diffusé au monde).
On ne va pas taper que sur le Pape, représentation des minorités, égalité de traitement, toussa, toussa.
Question anodine : peut-on donner un salaire pour un travail accompli un jour de Shabbat ?
Réponse : non, mais il suffit de faire faire un autre truc juste avant ou après et prétendre que c'est pour ce travail qu'on paie.
Comment ça, hypocrite ? Je vous rappelle que tu ne jugeras point, que Dieu a des voies impénétrables (on le savait déjà limite homophobe, de toute façon) et que s'il est omniscient et omnipotent, il est sans doute capable de regarder ailleurs.
mardi 10 février 2009
607. La mort et la vie sociale
Je me suis toujours demandé si j'avais envie de faire mettre quelque chose de spécial sur ma tombe.

Soit un truc un peu geek, ou avec un message codé.
Soit un truc un peu décalé.
(Photo prise au cimetière de Lausanne avec The6L20*.)
(* Non, ceci n'est pas le nom de mon nouvel appareil photo.)
Ou de faire dire ou faire faire quelque chose d'un peu stupide à mon enterrement. Un truc qui m'aurait fait marrer, moi ; un truc qui ferait peut-être sourire quelqu'un ; un truc qui ferait penser aux gens que je suis encore un peu là (- Franchement, je sais pas toi, mais on reconnaît bien son humour de merde là, non ? Si, mais dis pas merde dans une église, pis d'abord pourquoi on est dans une église ? Attends la fin du show, tu comprendras, mais prépare-toi à courir vite).
Seulement, je suis assez sûr que ce ne serait pas du goût de ma famille. Or, si je meurs, c'est eux qui seront déjà tristes (normalement, mais si j'étais un peu sympa, je devrais espérer que personne ne me regrette à ce moment, non ?) et donc je ne pourrais pas leur faire un coup pareil en plus. D'autant que quand on est mort, on a une fâcheuse tendance à devenir sérieux. Et très mature.
N'empêche, je me demande s'ils choisiraient le respect de mes dernières volontés ou le respect de la solennité. (S'il y avait moyen de vérifier, je crois que je tenterais le coup de la demande d'un cercueil aux couleurs de l'arc-en-ciel, porté par des bellâtres à demi-nu.)
*
Plus simple à mettre en œuvre, le clin d'œil final sur son blog. On peut ne rien faire et laisser les autres s'occuper de tout comme à la mort de la plus vieille blogueuse. Ou alors prévoir jusqu'aux photos de son accident, ce qui est fort, mais pas impossible quand on s'appelle Lavomisse.
Pour ma part, je verrais bien quelque chose d'un peu plus recherché, sans aller jusqu'à un jeu de piste à la P.S. I Love You. Sauf que comme je ne connais pas le délai et que je suis du genre procrastinateur, je pense que je vais arriver à 90 ans en n'ayant toujours rien préparé. Tant pis, ou tant mieux pour vous.
En tout cas, j'avais déjà prévu de faire mettre Anceps est mort comme statut sur Facebook. C'est clair, c'est sobre et ça mettra mal à l'aise tous ceux qui répondront en pensant qu'il s'agissait juste d'une métaphore.
*
Évidemment, ce n'est pas comme si j'étais le seul à penser à ce genre de choses. Par exemple, ce groupe : Qui s'occupera de mon profil Facebook quand je serai mort(e) ? avec ces questions très justes :
C'est vrai... puisque je ne pourrai pas le supprimer étant mort(e), qui va :
- mettre mon statut à jour? ("X is dead", "X looks ridiculous in his/her old suit", "X begins to smell", "X is between the church and the grave/oven")
- répondre aux invitations de mes amis me pressant de découvrir s'ils me trouvent plutôt hot ou plutôt cold? (hehe, plutôt cold en l'occurence!)
- lancer un event pour ma cérémonie funèbre en bloquant la fonction "not attending"?
- changer ma photo de profil parce que c'est le printemps et qu'au printemps, sur Facebook, il faut avoir l'air sexy?
- constater que je suis la cooooooolest person on Facebook, dans tous les sens du terme?
- recevoir les nounours et growing eggs, growing plants, et autres bières spéciales que m'auront envoyé les gens qui n'auront pas pu venir à l'enterrement?
- joindre pour moi le groupe "so, apparently, I'm going to hell"?
- Supprimer "Aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie" de mes favorite quotes?
- Remplacer mes "activities" actuelles par "decomposition, mostly"?
- Inscrire "not yet", "Maybe a little bit", "Oh, now it's huge" à côté de ma rubrique "Religious views"?
*
Apparemment, sur Facebook, il est possible de demander qu'un profil soit mis en mode mémorial. À lire, l'article Qu'est-ce qui arrive aux comptes Facebook après la mort ?, qui soulève le problème des comptes des défunts. Des questions de droit aussi, car peut-on encore atteindre à la vie privée d'un mort ?.
Reste évidemment la question de savoir à qui l'on veut transmettre son mot de passe pour s'occuper de ses comptes et d'en transmettre la liste ainsi que les choses à entreprendre. Allez, dès demain, je m'attaque à mon testament virtuel, avec en annexe un bonne centaine de pages pleines d'URLs et un tas d'idées loufoques.
Ca me défoulera de ne pas pouvoir choisir mon enterrement comme je veux.
mercredi 4 février 2009
605. Pourquoi on ne parle plus assez des skyblogs
C'est parce que les noms ont changé de skyblog.com à skyrock.com qu'on en parle moins ? Non, parce que se moquer de la médiocrité, on ne peut pas s'en lasser, si ?
Vous me direz, il suffirait d'aller faire un tour sur skybeurk.net et voir s'il y a toujours de l'activité. Mais j'ai la flemme.
Quant au changement de nom -- qui date maintenant, mais on peut toujours taper les adresses en skyblog.com --, d'un côté, ma-live-69.skyrock.com, c'est presque pire que ma-live-69.skyblog.com. Ca pourrait faire croire que le type il se prend au sérieux. Au moins avant, on voyait directement à l'adresse qu'on risquait de se faire mal aux yeux.
Et puis, finalement, c'est un fake le site du taré aux fruits ? Je suis sûr que si on cherche bien, il a mis la recette du jus d'orange, ce type-là.
Cependant, j'ai une piste. Depuis que Facebook s'est mis aux autres langues, dont le français, les Kevin demilingues* sont arrivés en meutes (non, en nuée, les mammifères sont trop intelligents) et ont lâché leur orthographe déplorable un peu partout. Surtout dans les titres de groupe, ce qui fait mal au coeur en plus des yeux. Et c'est ça qui nous prend quasiment toute notre attention face au déclin du monde.
On me dira qu'au moins, sur facebook, ils ne demandent plus de lâcher les com's.
Non, mais en fait c'est pire : ils rejoingnent des groupes attrape-couillons et ils y invitent ensuite tous leurs amis. Sans doute parce que la fin de la civilisation doit se faire tous ensemble.
Certes, pendant ce temps (à Vera Cruz), ils ne pensent pas à mal. Mais ils ne s'éduquent pas non plus. Pire, ils n'apprennent pas de leurs erreurs ; ayant rejoint le groupe "pour savoir qui regardent ton profil lol" et constaté que ça ne marchait pas, ils foncent dans le groupe "savoir qui regard ton profil, cette fois c'est vré mdr".
Dieu merci, si facebook a son pendant de la misère skybloguesque, il a aussi celui des auteurs sympathiques et plein d'humour. Un exemple, pour rester dans les fruits : Je mange 35 fruits et légumes le dimanche pour être tranquille la semaine. (Merci encore Raph pour tes trouvailles et créations.)
Dès que j'ai du temps libre, je monte mon propre site de réseau, et je fais un quiz d'entrée pour filtrer la moindre.**
* Ils n'ont que le français, qui compte pour moitié dans leur cas, et encore c'est pour être gentil. Whoa, lady, I only speak two languages, English and bad English.
** J'ai perdu la référence du site où l'on apprenanit qu'une future vendeuse devait juste savoir répondre à cette question : on vous achète un truc à 15 Euros et on vous donne 20 Euros, combien devez-vous rendre ? Une idée ? (De la référence, pas du montant :-P)
vendredi 23 janvier 2009
592. Le 44e président des États-unis d'Amérique (partie 1/4)
Un président noir
C'est sûr que quand je regardais un film de science-fiction avec un président des USA ou de la Fédération du Monde qui était noir, je me disais que ça n'allait pas arriver de sitôt. Et pourtant, si.
Quiz rapide : quels sont les noms de ces présidents, le nom des acteurs et les films/séries ?
(Réponses à mettre en commentaire, cadeau à la clé)
Est-ce pour autant un événement si dingue que cela ? En regardant Obama, j'ai de la peine à voir en premier la couleur de la peau comme différence d'avec d'autres présidents américains. (Qu'il n'ait pas l'air et ne se comporte pas comme un abruti sont sans doute les principales d'avec son prédécesseur.)
Oui, c'est historique, parce que c'est le premier. Mais il ne faudrait pas aller jusqu'à penser qu'il s'agit d'un miracle, à moins de croire que les habitants des USA sont en majorité non civilisés, ignorants et racistes. Il y en aura toujours, mais souhaitons de moins en moins. Certes, la fin de l'esclavagisme, c'était il y a moins de 150 ans ; la fin de la ségregation (officielle), il y a moins de 50 ans (et le droit de vote pour les femmes en Suisse, il y a moins de 40 ans...). Mais les choses changent.

Oui, bon, j'ai pas pu m'en empêcher.
Bref, je vous l'avais d'ailleurs annoncé, je ne vais pas aborder spécialement ici la question de l'origine ethnique du nouveau président, ni l'espoir fou de voir le monde se transformer soudain en un vaste terrain de jeu ou la haine, la pollution, la misère et le suisse allemand ne seront plus que des cauchemars introuvables hors des livres d'histoire.
Non, dans le prochain billet, nous parlerons d'une question plus pragmatique de comptage. Et pas des voix... un comptage de président, car l'on vous ment !
jeudi 22 janvier 2009
591. Parce que je ne peux pas mettre les vidéos que sur facebook et vous oublier ici
Vous l'avez peut-être déjà vue, elle date d'il y a quelques mois déjà.
C'est un petit retour avant le prochain billet : eh oui, je vais faire comme tout le monde et vous parler d'Obama. Mais vous me connaissez, ce sera dans l'insignifiant et le détail inutile.
samedi 4 octobre 2008
584. La technique des pros
L'homme est capable de choses folles ; il lui faut juste d'innombrables heures d'entraînement.
Qui n'est pas subjugué par un pianiste de talent, un jongleur ou un prestidigitateur ? À part peut-être dans ce dernier cas, savoir qu'on à affaire à des humains permet d'écarter l'hyopthèse de la magie, mais on peut rester subjugué devant le spectacle extraordinaire d'un artiste comme s'il s'agissait d'un miracle.
Faut-il un donc particulier ? Ou simplement ceux de la motivation, de la ténacité, de l'assiduité, de l'effort, du travail, et -- surtout -- de la foi en un résultat. Oui, il faut bien tout ça pour réussir un exploit.
Léandri, dans sa Grande Encyclopédie du dérisoire (tome 5, pp. 82-89), évoque les gestes des pros, mais pas des artistes pros, non ! de ceux qui ne sont pas payés pour nous éblouir par leur travail. Comme exemple, il parle du soudeur (ayant utilisé une seule goutte ... la soudure est parfaite, à l'oeil et à l'usage, et on pleure de bonheur devant un tel prodige), du plâtrier (Un plâtrier ... qui d'un geste d'un seul laisse une surface verticale parfaitement lisse et blanche, ça atteint pour moi le summum de la perfection divine, seulement dépassé mais de très loin par ce même plâtrier qui fiat la même chose AU PLAFOND, en défiant à la fois la pesanteur, la logique et la nature.), du garçon de café (Un garçon de café professionnel [apporte dix bols remplis de liquide sur un plateau], en courant autour des tables, en rendant la monnaie de l'autre main, en poussant un sac du pied, en prenant une commande de l'oeil tout en engueulant le collègue au comptoir. Sans renverser une goutte.) et, finalement, des peintres en lettres, ceux qui avant l'appartition des machines faisant pareil écrivaient les panneaux de tous les jours (Quand on a vu un type peindre un R en Didot ou Bodoni à empâtements, avec à peine un ou deux repères, sans rectifier la moindre courbe, on comprend la complétude cosmique du genre humain.).
Oui, la première limite aux capacités pratiques de l'homme, je suis persuadé que c'est son imagination. Et moi qui déjàm'émerveille toujours devant le spectacle du pizzaiolo qui fait tourner sa pâte en l'air pour lui donner une forme quasi parfaite et régulière en épaisseur, je n'ai que pu trembler de bonheur, bouche bée et admiratif, au visionnement de la vidéo ci-dessous qui confine au paroxysme en matière d'étalage de pâte.
Comment faire à la main 4096 nouilles d'une finesse extrême ? Eh bien c'est tout simple. Un geste technique de base qui paraît tout simple, et sans doute des années de perfectionnement.
Piano, soudure, jonglage, service ou apparition de cartes, le pire dans tout ça, c'est que pour qu'un exploit paraisse beau, il faut déjà qu'il paraisse simple à exécuter. Et du coup, le profane n'imagine jamais l'ampleur totale du travail qu'il y a derrière.
On peut donc rajouter aux qualités essentielles des grands artistes et grands professionnels manuels ceci : l'humilité.
mercredi 1 octobre 2008
583. Le Matin, le journal citoyen
À la radio, ce matin, Ariane Dayer défend comme elle peut la position people du Matin, dont elle est la nouvelle rédactrice en chef. Par exemple, ce n'est pas anti-féministe d'afficher plein de femmes peu habillées, car le féminisme, c'est aussi montrer la beauté de la femme. Soit.
Petit extrait :
Ha, ha, ha, ha, ha. En fait, la nouvelle formule du Matin, c'est son humour décalé.
(Le podcast complet.)
jeudi 5 juin 2008
574. Ca roule tranquille
En me baladant hier sur Postsecret France (moins bien que le grand frère anglais, mais pour une fois sans trop de fautes d'orthographe), j'ai été interpellé par la confession suivante :
À chaque fois qu'en voiture je passe sur un dos-d'âne
j'imagine que j'écrase quelqu'un que je déteste.
J'adore ça !
Une fois passé le légitime sursaut du spelling nazi [attention, site pouvant choquer les personnes choquables] en moi (qui en l'occurrence sait aussi parfois revêtir son uniforme de meaning nazi), qui relevait in petto qu'il ne faut pas confondre dos-d'âne et gendarme couché, je me suis dit que c'était là une formidable idée à tenter le plus vite possible. Imaginer écraser quelqu'un, donc, pas le faire pour de bon.
Sauf que je me suis vite rendu compte que j'avais un problème. Un gros problème, même : ces temps, je suis d'humeur bonasse et n'éprouve aucun ressentiment pour quiconque. Pas même la secrétaire en rut source constante de désolation et de soucis. Pas même ma génitrice (allez, au prochain message de sa part, le 5e en deux jours, promis : j'écoute mon boîte vocale). Pas même le pape, un chinois communiste, un klaxonneur pedisphairophile et chauvin un soir d'Eurofoot08, un UDC zurichois, un FARC taliban anti-palestinien ou un catho intégriste homophobe. Pas même un conducteur qui aurait oublié son clignoteur à la sortie du giratoire.
Bref, je me suis dit que si je devais vraiment choisir quelqu'un, ce serait peut-être Bush. Ou Sarkozy. Un de ses types qu'on ne sait pas trop pourquoi ils sont connus, parce que si c'est pour leurs qualités, elles sont bien cachées, et que si c'est pour leurs défauts, on envoie ces gens en prison et pas à la présidence.
*
Et comme le monde s'amuse à nous balancer un peu tout en même temps, j'ai réalisé aujourd'hui que si l'occasion mentale m'était donnée d'allonger le petit Nico sur la route pour y passer (sent-on encore quelque chose avec de bons amortisseurs ?), il conviendrait de l'accompagner de son ministre Rachida Dati.
Certes, la pauvre est déjà malmenée par la première dame de France, mais c'est sans doute avec raison : Carla Bruni ne peut qu'être un être exceptionnel si elle fait la une du Matin sans raison, en ces temps troubles où l'Europe se voit menacée par un Tchernobyl slovène, et l'Autriche-Helvétie à deux jours d'être envahie par des cohortes d'infirmes... alors que le ballon du jet d'eau de Genève ne pourra peut-être pas être hissé !
Non, la raison de ma petite pensée vers Madame Dati provient de vidéos trouvées à droite et à gauche. Enfin, à droite surtout, car si la gauche est stupide, la droite est hautaine. (En France. En Suisse, je trouve que c'est le contraire. Tiens, comme pour les exclusions du parti pour ceux qui rejoingent le gouvernement.)
La remarque finale est sublime. Trouvé chez Sailortochyo.
Puis il y a aussi les deux vidéos recensées chez Monsieur Dream, mais j'ai la flemme de les mettre, alors vous suivez le lien gentiment : Quand la ministre parle, on se tait.
mercredi 5 mars 2008
560. Merci Matoo
N'ayant jamais publié de billet au contenu à portée internationale et reconnu d'utilité publique par l'UNESCO, et pas même avec des photos de mon corps d'Apollon ou en rapport avec des célebrités (quoique...), il n'y avait aucune raison que le Président de la pédéblogosphère fît un lien vers ici. Mais tout le monde sait que Matoo touche à tout et est imprévisible dans ses choix éditoriaux.
Ainsi, il semblerait qu'il ait été illuminé par la beauté quasi indiscernable qui se cachait derrière mes explications indigestes de mon billet sur la vraie date des anniversaires. Or, cette beauté n'est normalement accessible qu'à un geek de niveau 27 avec spécialisation nerd en math-astronomie, et non pas à quelqu'un doté d'une riche vie sociale et capable de surcroît de lire tant de livres (ailleurs que sur un écran). Cela montre bien encore qu'il est universel, que c'est le plus grand, et qu'il mérite bien son titre.
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Mais ce qui est à souligner dans cette histoire, ce n'est pas tant ce lien, que le nombre incroyable de gens qui ont fait confiance à Matoo et qui sont venus ici. (Ou alors, il s'agit bien que d'une très faible part, et son lectorat quotidien se monte à un nombre équivalent à la population de l'Europe entière, ce qui n'est pas à exclure.)
Alors bienvenue à tous ceux qui ont fait le voyage jusqu'en Suisse, et, pour l'occasion, voilà une photo de vous : (vous êtes tout à droite, juste à côté d'Edmond et Jeannine)
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Ah oui, j'oubliais : il n'y a que chez Matoo (parmi ceux que je fréquente) qu'on peut commenter en ajoutant un smiley pom-pom girl. Et rien que pour ça, il mérite d'être sacré roi. ![]()



