mercredi 23 septembre 2009
668. Journée de la bisexualité
Mince, j'ai passé ma journée à prendre congé, et du coup, j'ai oublié que c'était le 23 septembre. Or, le 23 septembre, c'est la journée de la bisexualité !
Donc, si vous êtes dans un fuseau horaire où c'est encore le matin et que vous croisez un/une bi, souhaitez-lui une bonne journée !
Si au contraire, comme je le pense, vous ne lisez ça que demain, alors foutez-lui une baffe et crachez-lui à la figure ; y a pas de raison qu'il y en ait qui puisse avoir plus d'occasions de trouver l'âme soeur.
Sinon... bon, honnêtement, je n'avais rien en tête à vous raconter sur la chose, et donc ce n'est pas en 2 minutes que je vais y arriver.
Voilà donc le drapeau bisexuel, avec le haut (magenta) pour les homos(-ses), le bas (bleu royal) pour les hétéros(-ses), et le centre (lavande) pour les bis (donc femmes comprises, hein, langage épicène, machin toussa).

Et si vous tombez des nues d'apprendre que les bis ont un drapeau, il est temps d'aller voir la page des symboles LGBT. (Et la semaine prochaine, je vous expliquerai pourquoi les pacifistes sont rien que des PD avec 4 lettres en plus et pourquoi certains ont un poisson stylisé sur leur voiture.)
vendredi 17 avril 2009
640. Journée du silence : pédale moins fort
Aujourd'hui, c'est de nouveau un jour gay. C'est comme ça, c'est le calendrier, moi j'aimerais bien avoir le temps de remettre encore des photos de pâquerettes et de joueurs de hornuss. (Si, si, j'en ai encore !)
Oui, aujourd'hui, c'est la journée du silence LGBT, en protestation contre les insultes et les discriminations des gays, lesbiennes, bis et transgenres dans les écoles. C'est aux États-Unis, mais il évident que nous ne sommes pas épargnés ici. Et ce d'autant que PD est encore une insulte qu'on entend tellement régulièrement dans la bouche des jeunes, que cela me fait un peu peur quand j'y pense vraiment.
Les États-uniens ont aussi des mots du genre. Il y a queer, par exemple, mais surtout le mot gay, qui est utilisé dans la locution : That's gay. (C'est gay)
Cela pourrait être littéralement une expression plutôt positive Ce petit-déjeuner sur la terrasse était si gai (ce qui fait de celui qui le dit une vieille dame de 90 ans, ou une folle spécieuse).
Ou plutôt neutre : cette soirée était si gay, que je connaissais presque tout le monde.
Ou ironique, mais sans méchanceté : Oh, ben ça va être gai ! dans le sens de ça va être joyeux ou de c'est pas triste.
Sauf que ce mot plutôt anodin et qui avait l'avantage d'être plein de bons sentiments, d'être international et de ne pas renvoyer vers une image associée à la sexualité a été repris pour dire qu'une chose est bizarre, laide, stupide ou tout épithète qualifiant une chose à éviter. Alors que s'affirmer soi-même queer permet d'affaiblir la force insulte du mot, les autres font pareil dans l'autre sens avec le mot gay ? C'est pas de jeu, pfff.
Pourtant, la définition du mot gay est très claire : It's only gay if balls are touching. (But it ain't if you beat him up afterward.)

Ben oui, sinon, quelqu'un contre le mariage (des hétéros, oui ça existe aussi) pourrait dire que le mariage, c'est quand même gay. D'autres affirment même, peut-être avec ironie, que les homos sont gays.

Ainsi, face à l'ampleur que prend l'usage de l'expression contrariante, une campagne pour essayer de faire changer le comportement des gens a été lancée (il y a déjà un moment). On peut voir les pubs sur le site Think before you speak. Il y a clairement un ton un peu moralisateur que je n'aime pas trop, mais je retiens quand même la pub avec les caissières qui ne l'est pas trop :
Et celle avec le pauvre adolescent moustachu.
Alors vous aussi, ne laissez pas les gens avoir des discours homophobes. Tout le monde sait que dans la lutte pour un monde meilleur, on n'est jamais trop aidé.
jeudi 16 avril 2009
639. Le leur disant il y a 10 ans
Je sais que la coupure de journal traîne à * quelque part. Si ce n'est pas avec les vieilles lettres (reçues du temps où la Poste servait à autre chose que faire la banque ou apporter les factures), alors je n'ai aucun espoir de la trouver avant minuit ; tant pis.
C'était il y a 10 ans exactement. Le groupe politique de l'association gay locale avait pondu un questionnaire sur les discriminations et j'avais rejoint ce groupe juste à temps pour participer à sa diffusion. Et participer aussi à la conférence de presse, où ils voulaient faire une photo avec un jeune aussi, si possible.
Et voilà comment je me suis retrouvé à poser avec deux autres personnes pour illustrer un article paru le 16 avril 1999, article qui allait faire sans doute un petit quart de page et dont la photo ne serait pas plus grande qu'un pouce.
Mais j'ai eu la surprise lors de la parution de constater que non seulement les noms avaient été mélangés dans la légende, mais surtout que l'article prenait finalement la moitié d'une page.
C'était la dernière page du feuillet Vaud, bien visible dès qu'on prend le journal.
Avec la photo qui occupait presque toute l'autre moitié de la page.

À défaut de trouver la photo originale,
en voilà une de cette époque et que j'aime bien.
(Il fallait bien une occasion de la placer.)
C'était il y a 10 ans.
Le lectorat du journal était d'environ 200'000 personnes, dont mes parents qui le lisaient régulièrement. Et je m'étais dit que ce serait la bonne occasion pour confirmer les doutes que pouvait avoir ma mère à mon sujet. Il n'y avait en effet que mon frère et quelques amis proches qui étaient au courant de mes attirances.
Sauf que ce jour-là, je n'avais pas prévu que le chat de mes parents aurait la bonne idée de me voler la vedette en trépassant.

Un peu tendu, mais pas raide.
Du coup, afin de ne pas surcharger une journée déjà riche en émotions, j'ai fait ce que tout jeune pas très futé et un peu paniqué aurait fait : cacher le journal quelques jours, ce qui fut assez efficace, car personne n'avait remarqué son absence.
Mais j'aurais dû penser à débrancher le téléphone aussi : il n'a pas fallu longtemps pour que des amis appellent pour féliciter mes parents de mon courage et de mon engagement**. Bref, j'ai fait ce qu'aurait fait tout jeune pas très futé et un peu paniqué, et qui vivrait encore chez ses parents traumatisés avec qui il a toujours cherché à éviter le dialogue : me cacher quelques jours, demandant des nouvelles de la situation à mon frangin. (Alors qu'il aurait été en fin de compte tellement plus simple d'expliquer qu'on pouvait très bien être hétérosexuel et concerné par les droits des gays.)
Et voilà comment je suis passé dans le journal, déclarant à mes parents, sans vraiment l'affirmer et par voie de presse, ce que je n'aurais jamais pu leur dire de vive voix. Et comment certains, à tort, m'ont trouvé courageux.
* Spéciale dédicace pour Jean, qui me corrige fréquemment.
** Enfin, je crois, car je n'ai jamais reparlé de cet épisode et n'ai
donc pas vraiment les détails sinon que c'était des commentaires plutôt
positifs.
lundi 28 janvier 2008
552. Les ex qui ont compté (8)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
- Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
- L'histoire de P., l'exception : notre profil psychologique
- Mon histoire avec P. l'inaccessible
- La dure fin de l'histoire avec P.
- L'après-P.
Les prétendants suivants et la confirmation de la règle
Pas facile donc de passer après l'homme idéalisé. Pas idéal, loin s'en faut ! mais idéalisé.
J'avoue, je n'ai pas attendu 2 ans et d'aller mieux avant d'essayer de me remettre avec quelqu'un. 6 mois après, je fis la connaissance de D1.
Certes, il m'a permis de mieux supporter l'absence de P., mais pas de l'oublier plus vite. Tout n'était que comparaison entre D1 et P dans sa version idéale. J'allai jusqu'à dire à D1 combien je trouvais dommage que je ne puisse pas mélanger le meilleur de leurs caractères et mettre le tout dans le corps de P. Ca me paraissait plutôt un compliment, sur le moment, mais je crois que jamais, de ma vie, je n'ai été aussi mufle et j'essaie encore aujourd'hui de cacher la honte éprouvée face à ce moment sous le tapis des excuses du genre Je n'étais pas moi-même.
Mais qu'on ne s'y trompe pas : D1 n'était pas un passe-temps. Je l'aimais, profondément. C'est même le premier de la liste des gens qui ont leur place à jamais dans mon coeur ; le premier de ceux avec qui je me suis séparé, puis remis, puis séparé, etc., car nos sales caractères incompatibles ne nous empêchaient pas de partager une affection inestimable.
De l'amour, du respect, de l'affection, de la tendresse, oui. Mais tous mes idéaux étaient restés dans mon histoire avec P. N'avais-je plus le courage de me laisser aller complètement, afin de ne plus souffrir ? Ou la flamme de l'abandon complet avait-elle été soufflée dans ma rupture d'avec P. ?
Machin-truc a dit en gros : Aimer, c'est donner à l'autre le pouvoir de nous détruire, mais lui faire assez confiance pour croire qu'il ne le fera pas.
Moi, je n'ai plus trop osé, ensuite. Si je dois jamais me laisser un peu aller, au moindre signe de désintérêt de mon homme du moment, je me braque, me referme, et attends la fin de la relation dans une équanimité à faire pâlir de jalousie un moine zen.
Être amoueux... sait-on vraiment combien on est amoureux des gens avant de les perdre ? Serait-ce simplement ce qu'on ressent face à quelqu'un qu'on ne connaît même pas encore bien. qu'on trouve juste mignon et sympa, qui nous aurait démontré de l'intérêt et qui nous fait bêtement sourire alors qu'on ressent des papillons dans l'estomac ? Ca, oui, j'ai encore connu. Mais pour moi, être vraiment amoureux, ce n'est possible que lorsqu'on connaît bien la personne, qu'on sait ce qu'elle ressent et qu'on sait combien on se comprend l'un-l'autre. Bien sûr, ça ne suffit pas ; il faut encore lui abandonner son coeur entier, au risque de le voir malmené.
En partant de cette définition du véritable amour, je me dis des fois que je ne suis plus capable d'être amoureux. Ma première rupture a cassé quelque chose - mon innocence ? - et que je ne peux vivre plus qu'avec mes regrets d'une première relation manquée et terminée.
Robin Hobbs le dit si bien : On ne reprend jamais le bout de coeur qu'on a laissé à son premier amour.
Je crois que c'est malheureusement très vrai. Mais cela n'empêche pas de vivre d'autres histoires merveilleuses : aux autres, je donne prête tout ce qui reste de mon coeur, ce qui finalement vaut bien plus qu'un sentiment de premier émoi, ce que P. ne m'a jamais demandé : la tendresse.
*
En résumé, ma relation avec P. était spéciale sur plusieurs points :
- c'était ma première vraie relation à long terme
- je l'ai vécu comme une non-relation
- je n'ai jamais vraiment su ce que je représentais pour P. comme petit-copain
- j'ai dû ensuite me faire violence pour oublier ce qu'il pouvait être pour moi
Et voilà donc, enfin, ce qui fait de P. une exception qui confirme la règle.
Exception, car il a beaucoup compté pour moi, mais n'est pas resté pour autant dans mon coeur comme les autres. Forcément, j'ai dû tout faire pour que ce ne soit plus le cas.
Mais finalement, il confirme tout à fait la règle, car celle-ci énonce que ceux qui restent dans mon coeur sont ceux pour lesquels je sais avoir compté.
Et si P. a compté pour moi malgré tout, ce n'est pas, comme pour les autres, parce que je savais qu'il m'aimait ; mais juste parce que c'était le premier et que je lui faisais confiance là-dessus sans avoir besoin qu'il me le fasse sentir. Jamais je n'ai senti une ouverture sur nos sentiments profonds ou la possibilité de lui avouer mes faiblesses les plus inavouables, et jamais ça n'apparaitra.
P., finalement, malgré deux ans et demi de relation et deux ans à le pleurer ensuite, est à mettre dans la catégorie des amis que j'adore, qui me ressemblent un peu, mais avec qui toute histoire est impossible comme s'il était hétéro.
À l'époque, j'avais juste un peu confondu : je croyais ne pas être amoureux en vivant une belle histoire d'amour ; j'étais amoureux, mais ne vivait finalement qu'une belle histoire d'amité.
samedi 26 janvier 2008
551. Les ex qui ont compté (7)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
- Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
- L'histoire de P., l'exception : notre profil psychologique
- Mon histoire avec P. l'inaccessible
- La dure fin de l'histoire avec P.
L'après-P.
Inutile de palabrer sur ce qu'on ressent lors d'une rupture. Je ne savais pas encore à l'époque qu'on finit toujours par se remettre, même si sur le moment, on croit le contraire.
J'ai discuté avec P., je l'ai supplié, j'ai pleuré ; rien n'y faisait. Il trouvait toujours une raison valable pour justifier son choix. Et moi, à l'époque, j'y croyais. J'imaginais que j'aurais dû faire les choses autrement ; j'imaginais que je pouvais le reconquérir.
Il me disait qu'il hésitait alors, mais que je n'avais pas eu l'air de me battre pour lui. Mais si je dois me battre pour quelqu'un qui veut me quitter, s'il en vaut la peine, il me connaît assez bien pour savoir s'il veut encore de moi, sans que je cherche à être quelqu'un d'autre. D'ailleurs, en essayant de le récupérer par la suite, je n'en avais été que plus pathétique.
Il me disait aussi que je ne lui disais pas assez combien il comptait pour moi. Ah, il fallait voir d'où venait le prêche ! Et si je partageais cette tare avec lui, la corriger n'y aurait rien changé non plus : je l'ignorais alors, mais P. ne larguait les amarres qu'une fois certain qu'elles étaient solidement accrochées sur le ponton suivant ; et dès lors, j'essayais tout et n'importe quoi pour le ravoir, mais tout restait vain.
*
Automne 1998. 1 mois seulement, et j'avais changé déjà cent fois de stratégie. Couper les ponts, le supplier, lui faire du chantage, essayer de me résigner. Et lui qui ne supporte pas qu'on puisse lui reprocher quelque chose, il accourait à chaque fois que je le demandais, me disant combien ce n'était pas raisonnable qu'on se voie. Mais mieux valait souffrir en pouvant le voir que de mourir abandonné ; la rémission n'était pas dans le champ des possibles.
*
2 mois. Je me découvre une tumeur. Mon état fragilisé avait sans doute abaissé sur mon système immunitaire. Je trouvais en somme plutôt marrant cette façon de pouvoir s'auto-détruire par la pensée, que, biologiquement, l'esprit puisse avoir une telle emprise sur le corps.
Tout le monde me pensait très courageux face à la découverte de la maladie, mais en fait, c'était plutôt une bonne part d'inconscience (mourir de maladie jeune ? Ce serait ridicule, de nos jours ; je refuse...), doublée d'une insouciance pour la chose puisque mes pensées étaient focalisées sur l'inanité de ma vie. Une opération, une radiothérapie, et j'allais être comme neuf ; c'était écrit dans le livre de ma vie, parmi les rares pages que je connaissais d'avance. (En revanche, connaissant mon état de santé, mais ignorant tout de ma relation passée, mes parents devaient forcément penser que si j'étais aussi mal en point psychologiquement, c'est que je devais leur cacher quelque chose sur les chances de m'en sortir...)
*
Je lui pardonnais son choix de m'avoir quitté, sa façon de me revoir et, ainsi, d'entretenir la plaie comme s'il préférait finalement que je reste* à jamais amoureux de lui : oui, c'était tellement lui, ça, c'était l'homme que j'aimais et que je ne voulais pas connaître différement.
En revanche, je ruminais chaque jour un moyen différent d'abattre ma vengeance sur AH qui me l'avait pris. Je ne pouvais pas entrer dans mon bâtiment de l'université sans réviser le Plan en cas de rencontre : lui mettre le pire coup de poing qu'on ait jamais vu, et espérer le mettre K.-O ; en cas de non réussite et d'énervement (tout à fait non justifié, mais la bête pouvait être facilement enrageable), détaler par le sous-sol où une porte dérobée m'attendait, et, au besoin, trouver refuge dans une pièce dont j'étais seul détenteur de la clé. J'avais beau guetter quotidiennement la présence de ma proie, je n'ai jamais eu la délivrance escomptée, et c'était finalement sans doute mieux ainsi.
Le rongement délétère de l'esprit de vengeance est atroce, insupportable tant qu'il n'est pas assouvi, mais permet de pallier le manque de ce qu'on a perdu. J'eus une part de consolation quand, 2 mois après l'incident, je pus l'accompagner au salon du bateau à Paris, car il s'agissait d'une passion commune non partagée par AH. Et savoir qu'AH - qui adorait Paris - n'avait pas aimé que P. préférât ma compagnie à la sienne pour cette escapade compensait largement mes pleurs redoublés à chaque instant, mais qui permettaient de m'allouer une pause dans la visite de la ville, handicapé que j'étais par ma cicatrice douloureuse post-opératoire. Oui ! un tel week-end de cauchemar en ex-amoureux, j'en aurais redemandé chaque semaine !
Il aura fallu finalement attendre une bonne année et demie pour que P. lâche AH (pour un autre dragué longtemps avant, évidemment), et moi mes envie de faire expérimenter à ce dernier les supplices les moins raffinés.
Mais mon chagrin, lui, restait toujours bien présent.
*
2 ans après. C'est long quand on est jeune. 2 ans après, je pleurais encore sous la douche le matin. Certes, sur la fin, seulement une fois par semaine, mais les images de Los Angeles ou de San Francisco n'avaient, elles, pas perdu une once de leur pouvoir ; rien que l'évocation du nom de ces villes pouvaient me faire sangloter pendant un moment.
Je commençais à aller mieux, à comprendre que ce qui me manquait, ce n'était pas P : il n'avait jamais été un petit copain comme on l'entend. Non, mon chagrin d'amour portait sur celui que j'aurais aimé avoir : un P. assumé, plein de tendresse, et peut-être sans ses pires défauts, ceux qui étaient aussi les miens.
Et quand on idéalise quelqu'un, quand on croit avoir vécu une histoire avec l'homme parfait, forcément, ça met la barre bien bien haut pour les prétendants suivants...
* restasse serait plus correct. Je sais, on s'en bat l'oeil, mais c'est pour dire que je fais des efforts pour être plus simple à lire.
jeudi 24 janvier 2008
550. Les ex qui ont compté (6)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
- Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
- L'histoire de P., l'exception : notre profil psychologique
- Mon histoire avec P. l'inaccessible
La dure fin de l'histoire avec P.
Un an et demi après, je commençais bien à sentir une légère dépendance. Celle-ci se traduisait simplement par le désir de le revoir au plus vite ; l'envie de lui raconter les bons moments de mes journées (mais je gardais les mauvais) ; le regret de ne pas l'avoir avec moi pour profiter de certains instants délectables.
Des vacances inoubliables à Los Angeles, San Francisco et à travers les superbes paysages de l'Oregon.
En Suisse, je le présente à quelques amis, et commence à parler de mon copain. Ils commence à s'assumer un peu plus.
*
Un jour, je suis seul à la maison, et au téléphone avec lui. Deux ans et demi de relation, d'une relation tellement spéciale et quasi malsaine. Il essaie de m'expliquer qu'il hésite à se mettre avec AH, un de mes potes avec qui il s'était plus que rapproché derrière mon dos. Au téléphone, je reste très serine. Je lui explique que je ne veux que son bonheur, et que c'est à lui de choisir, pas à moi. Je reste très calme jusqu'au moment où il raccroche.
À ce moment, je réalise tout ce que je viens de perdre. Je fais alors une chose que je n'ai refait qu'une fois depuis : casser quelque chose sous le coup de l'émotion. Le téléphone plane dans le couloir et s'écrase avec fracas ; je ramasse les morceaux en pleurant et cherchant une solution au principal problème : inventer une histoire pour expliquer cet accident à mes parents.
Deux autres choses étaient cassées. Mon coeur, bien sûr, mais aussi mon système de défense psychologique. Rouillé par le temps ? Trop pris par surprise par un évènement inhabituel ? Complètement dérèglé par une addiction insidieuse et non repérée auparavant ? Pas forcément : il avait bien fonctionné le temps de la conversation.
En fait, j'avais eu la bêtise et la curiosité de voir en quoi il allait me manquer. J'avais rouvert le sas, et c'était trop tard : j'avais vu que j'étais amoureux.
Or, une fois ouvert, le vide du désespoir vous aspire. Et vous pouvez vous accrocher autant que vous le voulez, il devient impossible de commander la refermeture de l'écran protecteur. La douloureuse vision du néant reste alors inéluctable et vous empêche même d'essayer de savoir comment aller mieux.
Finalement, oui, j'avais été amoureux. Mais cette relation avait été une vraie crise de schizophrénie d'un bout à l'autre. Heureusement pour ma santé mentale, je n'ai pas refait la même erreur : je ne suis jamais retombé amoureux à ce point. Ou, plutôt, de la même façon...
mardi 22 janvier 2008
548. Jeunesse, ou pas ; je ne sais plus.
Il faut que je parle d'un problème grave. Les jeunes. Oui, les jeunes, ils sont tout bizarres.
C'est peut-être la trentaine approchant* qui me fait perdre mes repères, mais quand même. Car j'ai pris un peu l'habitude de ne plus trop m'étonner de leur vacuité culturelle, sinon existentielle, à force de lire des blogs de profs (le nain de jardin, la prof de français qu'on lit qu'à poil, la doyenne de maths au drôle de nom qui tricote en anglais, le prof d'anglais qui dessine, et d'autres...).
Là où je me dis que c'est grave, c'est qu'en voyant ce commentaire pseudo-anonyme** de la part de Micheline, qui me paraissait être du spam (mais sans lien) et disant des choses auxquelles même le pire aliéné ne songerait pas au plus fort de ses crises, j'ai finalement reconnu l'auteur comme étant un de mes potes post-adolescent***, et ce grâce à l'onomatopée finale qu'il a eu le soin d'ajouter (ce qui prouve bien que ce n'était pas une lubie passagère, si je l'ai reconnu à ça).
Oui, me direz-vous, c'est normal. À chaque génération ses petites phrases, ses tics et autres moyens de s'approprier une partie de la langue et d'en faire la leur. Certes, mais là, j'ai peur. Et de me poser cette question légitime :
Peut-on sciemment terminer un message par un Hihihi
quand on est un hétéro viril et bien éduqué ?
Enfin, par bien éduqué, je veux dire qu'il ne fait pas ses besoins par terre et qu'il est inscrit à l'université. Viril, c'est une façon de parler et qui prend surtout son sens quand on imagine la non-virilité dans sa pire caricature (non, j'ai pas dit comme une coiffeuse). Et hétéro... *heuf*... ça mériterait un billet à part entière sur les meilleures façons de détecter l'orientation sexuelle d'une personne, mais on va juste résumer quelques points.
Les faux critères homos :
- Il s'habille bien. Enfin, à la mode. Enfin, selon une certaine mode. Et puis, il prend soin de lui. Mais bon, les métrosexuels, ça existe depuis un moment, hein.
- Il adore rigoler sans réfléchir.
- Il aime plaire, y compris aux garçons, quitte à leur faire son numéro de séduction sans s'en rendre compte.
- Il aime bien le nawak, comme s'il cherchait à s'évader d'une norme dont il ne se sent pas faire partie.
Les critères homos dont il est une exception :
- Si je lui disais qu'il est mignon, je suis sûr que ça ne lui ferait pas peur, mais plaisir. Enfin, aucun risque que je le lui dise, même pour rire : son ego ne s'en remettrait pas.
- Il adore Le Coeur a ses raisons. Non, mais jusque là, c'était pour moi le critère absolu, quand même.
Les faux critères hétéros :
- Il n'aime pas Dalida ou Barbara. Mais c'est peut-être juste qu'il n'a jamais écouté.
- Il parle beaucoup de filles, et serait même sorti avec certaines.
Les critères hétéros :
- Il ne mate pas les mecs en douce, mais les filles, oui.
- Il ne m'a pas fait d'avance. Non, ne cherchez pas plus loin, ça, c'est LE critère absolu.
Donc, hétéro.
Mais bon, d'un côté, Vivien écrit des hihihihi.
Tapette hétéro, ça existe, ça, comme type ?
* moins de deux semaines, hein. C'est bon, vous avez le droit d'oublier ; ça m'arrangerait presque.
** signé par un surnom que je lui ai donné sans raison juste une fois pour rire et que j'avais eu le temps d'oublier.
*** Juste pas 20 ans, c'est donc le bon terme, non ?
*
* *
Tiens, au fait, c'est mon premier point-virgule dans un titre de billet, je crois.
Marrant, mais j'y pense toujours, quand c'est mon premier point-virgule à quelque part. Dernièrement, c'était Oh ! mon premier point-virgule sur Twitter !, et Oh ! mon premier point-virgule sur un post-it à l'attention de la secrétaire !
Oui, y a des jours, comme ça, où je ne comprends pas pourquoi encore aucun biographe ne m'a contacté.
547. Les ex qui ont compté (5)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
- Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
- L'histoire de P., l'exception : notre profil psychologique
Mon histoire avec P. l'inaccessible
Pourquoi et comment ai-je tenu 2 ans sans vraiment savoir si P. avait ou non des sentiments pour moi ?
P. n'était pas seulement un fraisé du bocal comme moi, mais il était surtout argh-tu-l-as-trouvé-où-il-est-trop-beau-intelligent-riche-cultivé-sportif-sympa-et-en-plus-il-me-cause-en-souriant.
Oui, je sais, vous avez déjà entendu l'expression à propos du copain (à l'époque de mon premier) de ma meilleure amie. Et ce n'est pas un hasard.
P. n'est personne d'autre que le petit copain de ma meilleure amie A. ; celui qui avait compris mes demi-sous-entendus sur mon rendez-vous qui n'allait pas être avec une fille ; celui qui s'intéressait bien plus à moi que jamais un beau garçon ne l'avait fait ; celui qui était le type même des hétéros que j'avais pris l'habitude de regarder comme une voiture dans une vitrine, celle qu'on admire pour la qualité de l'ouvrage et sa beauté, mais dont on ne regarde même pas le prix car on ne veut pas se faire du mal à seulement essayer de compter les années d'efforts pour pouvoir ne serait-ce oser toucher le volant pendant une heure ; celui qui était tellement inaccessible que je ne jalousais pas ma meilleure amie et au contraire, était heureux qu'elle ait trouvé le meilleur dans sa catégorie.
Mon premier copain était reparti, ma meilleure amie, elle, était dans un autre pays et avait décidé de rompre avec P. à cause de la distance.
P. commença a me demander des questions sur la façon dont je m'étais découvert homo.
P. était hétéro, il me demandait cela par simple curiosité intellectuelle, voire, par gentillesse.
P. semblait chercher, sans le verbaliser, des occasions de s'approcher de moi.
P. était hétéro, mais peut-être désireux d'avoir une aventure avec un homme histoire de l'avoir fait une fois dans sa vie.
P. semblait, sans le verbaliser, vouloir réitérer fréquemment les occasions de rencontre.
P. était hétéro, est c'était plus par amour du camping qu'il m'emmenait passer une nuit dans la campagne.
P. ne dédaignait, sans le verbaliser, aucune avance.
P. était hétéro, mais il savait qu'une bouche n'a pas de sexe, et qu'une bite n'a pas d'oeil, et pouvait donc prendre son pied aussi avec un mec.
P. me rendait la pareil.
P. était hétéro, mais il avait une bonne éducation est savait qu'un cadeau appelle un cadeau.
P. m'embrassait quelque fois, mais sans jamais me dire s'il en avait envie ou si c'était par devoir.
P. était hétéro, mais il voulait sans doute me montrer qu'il m'aimait bien, ou me faire plaisir pour me garder un peu.
P. ne cherchait pas à rencontrer d'autres filles (les garçons, je n'ai jamais vraiment su, c'était le tout début d'internet...).
P. était hétéro, mais avait tout ce qui lui fallait pour le moment.
P. était sans cesse adorable et attentionné.
P. était hétéro, et surtout un ami vraiment altruiste.
P. ne me disait jamais qu'il m'aimait
P. était hétéro, c'était bien la preuve.
Je ne disais jamais à P. combien je tenais à lui.
P. était hétéro, il n'aurait pas compris. Lui parler d'amour ? Il aurait eu peur.
Je ne disais jamais à P. que je l'aimais.
P. était hétéro. Je ne pouvais pas être amoureux d'un hétéro.
On s'appelait des heures, surtout depuis que j'avais un portable (ça commençait aussi à peine, et 2 garçons qui monopolisent le téléphone des parents, hein...)
P. était hétéro, mais a beaucoup de conversation.
Des rencontres 2 fois par semaine (nous habitions à une quarantaine de kilomètre, chacun chez nos parents aucunement au courant), des loisirs en tout genre, des escapades à la montagne, des stages de voile, une croisière aux Antilles. Peu de gens au courant, surtout pas ma meilleure amie (heureusement à l'étranger à ce moment). Mais avait-on besoin de parler du temps passé avec un pote hétéro ?
Au bout d'une année, on penserait que j'aurais commencé à me poser des questions. Mais non, j'avais la preuve qu'il n'était même pas bi pour deux sous : il était proche, donc on ne peut pas dire qu'il ne m'aimait pas. Et s'il était bi ou homo et qu'il m'aimait, il aurait verbalisé notre relation, il aurait dormi plus souvent avec moi toute la nuit et pas seulement quand il avait envie de certaines choses.
Non, il était hétéro ; on s'entendait super bien ; j'étais le gay le plus heureux du monde de pouvoir vivre presque une vraie relation avec un hétéro aussi génial et ne pouvait rien demander de plus.
J'avais juste déjà oublié mes malheurs de l'adolescence : que j'avais eu de la peine à m'accepter au début, et que si j'avais eu un copain à l'époque, moi aussi j'aurais sauvé les apparences en paraissant le moins impliqué émotionellement.
Mais non, il était hétéro, et ça m'arrangeait finalement bien parce que si l'homme de ma vie qu'il était alors devait me quitter un jour, c'était de toute façon notre destin et j'y étais préparé. En plus, il était hétéro, je ne pouvais donc pas être amoureux.
Non, je ne pouvais pas être amoureux...
dimanche 20 janvier 2008
546. Les ex qui ont compté (4)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
- Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
L'histoire de P., l'exception : notre profil psychologique
Pourquoi et comment ai-je tenu 2 ans sans vraiment savoir si P. avait ou non des sentiments pour moi ?
P. était bien parti pour être le cas à part, car il me ressemble sur un point : pour lui comme pour moi, dévoiler ses sentiments et sa pensée profonde est à éviter. C'est un réflexe de conservation qui nous pousse à paraître neutre, à la Bree qui refait sont lit alors que son mari se meurt.
Ouvert sur certains points, prévisible tel un coucou suisse sur quantité d'autres facettes, s'il veut en revanche garder quelque chose pour lui, la torture la plus fine ne parviendra pas à lui arracher son secret, car même son cerveau réussit à l'empêcher de savoir ce qu'il sait s'il s'agit de la garder de se mettre à nu.
Non, ce n'est pas la peur de paraître faible en montrant ses sentiments. C'est plutôt un mélange de peur d'être vulnérable si on le fait, et de peur de ne pas savoir comment gérer la chose.
La peur du conflit nous pousse à trouver des compromis et à nous faire bien voir. Nous ne supportons pas que quelqu'un puisse nous en vouloir pour quelque chose, même si nous ne sommes pas responsables.
Dans ce but de plaire, nous sommes capables d'oublier ce qui dérange ; c'est une façon que nous maîtrisons à merveille quand nous le voulons.
À l'inverse, nous demander de dire "Je t'aime" avec sincérité est d'autant plus difficile que les sentiments sont là. Et ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais, pour ma part en tout cas, une véritable aphasie qui me prend.
Maintenant qu'on connaît mieux les deux protagonistes, P. et moi, voilà l'histoire de notre relation.
vendredi 18 janvier 2008
545. Les ex qui ont compté (3)
Suite de :
- Pourquoi reste-t-il une tendresse particulière ?
- Les 4 types d'ex, la relation narcissique et le sentiment de jalousie
Le 4e type, ou l'exception qui confirme la règle
Parmi mes ex dont j'espérais un possible futur au-delà de bon temps pour occuper les longs mois d'hiver, on a vu qu'il y avait en fait des ex pour qui j'ai compté et qui compte encore pour moi (et qui étaient très critiques ou pas du tout critiques), et puis ceux pour qui je n'étais pas grand chose et ne sont pas restés dans mon coeur - sinon avec quelques regrets -, mais sans aucune tendresse résiduelle.
Et puis, il y a l'exception, l'homme du 4e type.
Exception, parce qu'il a compté comme jamais, mais ne fait pourtant pas partie de ceux que je prendrais dans mes bras ou à qui je confierai mes songes les plus intimes. J'ai dû compter pour lui plus que je n'arrive à l'imaginer, même en me forçant.
Et voilà en quoi il confirme la règle : s'il a beau avoir compté comme jamais pour moi, je n'ai jamais réussi à me convaincre de l'inverse au point d'imaginer pouvoir le garder à jamais. Oui, c'est un ex spécial pour moi, le seul parmi ceux qui ont compté et avec qui je garde une relation très amicale mais dénuée de ce petit truc que j'ai pour les autres.
Maintenant, pourquoi donc ai-je quand-même tenu 2 ans sans me convaincre que son coeur penchât pour moi d'un côté ou de l'autre, chose qui me serait impossible avec un autre ?
Avant de nous lancer tête bêche dans l'histoire, petit retour en arrière sur R., mon premier amour. La seconde moitié (depuis
R était en année d'échange au Poly) vaut la peine d'être lue ou relue pour la bonne compréhension de la suite, mais voilà les points clés de l'épisode :
- R., mon premier copain devait repartir pour le Canada quelques semaines déjà après notre premier baiser. C'est là sans doute la raison pour laquelle je n'ai jamais permis à mes sentiments de se développer complètement pour cet homme qui avait pourtant tout le reste pour lui, et qu'ils se sont enfouis tout seuls petit à petit à mesure que la date du départ approchait. On appelle ça peut-être simplement l'acceptation, je ne sais pas.
- Ma copine A. a appris mon orientation sexuelle lors de mon premier rendez-vous avec R., alors qu'elle était avec son argh-tu-l-as-trouvé-où-il-est-trop-beau-intelligent-riche-cultivé-sportif-sympa-et-en-plus-il-me-cause-en-souriant copain du moment (ce n'est pas moi qui le dis, je ne fais que me citer).
Maintenant ces bonnes bases établies, voilà l'histoire de P., l'exception.


