Ma vie est formidable,

vos plantes vertes sont magnifiques !

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vendredi 29 juin 2007

470. Tempête dans un Bénitier

En trois lettres : Fin de messe ; Libère le fidèle ; Termine le dimanche. Qui fait des mots-croisés connaît ces définitions par coeur. Il s'agit du mot ite, qui, en latin, signifie allez et permet de déclarer que la messe est finie.

Et on apprend avec bonheur que le pape, fidèle à la tradition nawak vaticane, va réintroduire la messe en latin* ! Désormais, le latin d'église (pour ne pas dire de cuisine) sera de retour et non plus réservé aux cruciverbistes. Des petits enfants pourront de nouveau croire, en communiant, qu'on leur dit donnez-nous vos biscottes au lieu de dominus vobiscum (que Dieu soit avec vous)**.

Mais surtout, c'est le retour des églises qui feront salle pleine ! Et pour vous expliquez le pourquoi du comment, je laisse la parole à Brassens : sans le latin, la messe nous emmerde !

*
*   *

Tempête dans un bénitier

Tempête dans un bénitier
Le souverain pontife avec
Les évêques, les archevêques
Nous font un satané chantier

Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde

À la fête liturgique
Plus de grand's pompes, soudain
Sans le latin, sans le latin
Plus de mystère magique
Le rite qui nous envoûte
S'avère alors anodin
Sans le latin, sans le latin
Et les fidèl's s'en foutent

Ô très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin !

Je ne suis pas le seul, morbleu
Depuis que ces règles sévissent
A ne plus me rendre à l'office
Dominical que quand il pleut

Il ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde

En renonçant à l'occulte
Faudra qu'ils fassent tintin
Sans le latin, sans le latin
Pour le denier du culte
À la saison printanière
Suisse, bedeau, sacristain
Sans le latin, sans le latin
F'ront l'églis' buissonnière

Ô très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin !

Ces oiseaux sont des enragés
Ces corbeaux qui scient, rognent, tranchent
La saine et bonne vieille branche
De la croix où ils sont perchés

Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde

Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin
Sans le latin, sans le latin
Et ses vertus faiblissent
À Lourdes, Sète ou bien Parme
Comme à Quimper Corentin
Le presbytère sans le latin
A perdu de son charme

Ô très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin !


* Le Matin Bleu : La messe en latin de retour dans les églises. CITÉ DU VATICAN - Le pape a réhabilité la messe en latin, à la satisfaction des catholiques intégristes. Son décret s'accompagnera d'une lettre d'explication pour désamorcer les inquiétudes de nombreux fidèles. Benoît XVI a souvent critiqué les "abus" de la liturgie moderne.

Explications :
La messe en latin, c'est une décision qui devait déjà être prise il y a plus de 6 mois, mais qui a été retardée face aux levées de boucliers de ceux qui craignaient qu'on reviennent sur les avancées "sociales" de l'église. La messe le dos tourné au gens, c'est une messe centrée plus sur Dieu que sur les fidèles, et qui éviterait des abus dont je n'ai pas réussi à trouver un exemple. Mais en fait, la messe ne serait pas toujours en latin, car il y a loin du calice aux lèvres pour les rêves secrets du nouveaux souverain pontif.
Plus précisément, le pape devrait autoriser n'importe quel curé à faire la messe en latin, alors que jusqu'ici, il fallait la permission de l'évèque. Dit ainsi, cela paraît une mesure plus libertaire que rétrograde ; mais pas de joie hâtive, je doute qu'on aille jusqu'à autoriser officiellement les messes gays, par exemple.

** Anecdote d'enfance de ma mère.

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469. La Partie de cave

En l'honneur de Lavaux et de ses vins, une chanson mythique de Jean-Villard Gilles. Et c'est tellement ça ; aussi vrai et bien vaudois - bien que différent - que quand feu François Silvant nous faisait Madame Pahud.

Je vous mets la musique dès que je l'ai retrouvée, et aussi, tant qu'on y est, les paroles de Vive la vigne de chez nous* et du Vigneron**, du même auteur.

 

*
*   *

La Partie de cave

Louis et moi, Jules et Gustave
un samedi qu'il faisait beau
on est descendu à la cave
chez les conseillers*** de Lavaux.
Dessous la voûte séculaire
- Respect !  - Approchons-nous, Messieurs !
voici dans l'ombre et le mystère
treize tonneaux silencieux.

Le guillon. La main qui opère,
doucement, juste ce qu'il faut,
et hop, referme quand le verre
a fait son plein de vin nouveau.
Santé ! Santé ! Les fronts se plissent.
On tâte. On regoûte. Il va bien,
fait le grand Gustave qui lisse
sa moustach' de mérovingien.

Boire un verre au tonneau
entre joyeux compères
c'est tenir dans son verre
quand on a le cœur chaud,
c'est tenir dans son verre
tout le Canton de Vaud !

Le conseiller tient la formule
la dernière : un vin élégant.
Il a droit à la particule,
c'est noble sans être arrogant !
C'est un vin qui se laisse boire,
fait Louis, bien mieux que du lait,
vin de courtisan pour l'histoire
car il est flatteur au palais !

Puis on tire au tonneau d'en face.
Même rite : on boit ! on reboit.
Jules dit : c'est un vin de race,
la toute grande, c'est le roi !
Mais le suivant, mon Dieu, se drape
dans une telle majesté
qu'on s'écrie en chœur : c'est le Pape !
et qu'on trinque à la Papauté !

Boire un verre au tonneau
entre joyeux compères,
c'est tenir dans son verre
quand on a le cœur chaud,
c'est tenir dans son verre
tout le canton de Vaud !

De cuve en fût, de verre en verre,
on arrive au nec plus ultra,
chapeau, Messieurs, c'est Dieu le Père !
Y a rien à dire, il est extra !
Voici mieux encore et c'est grave,
car au-dessus de Dieu, ma foi,
on ne voit rien. « Si, fait Gustave,
le parti radical vaudois**** ! »

Gros rires francs ! Il fait bon vivre.
Les tonneaux dansent joliment ;
je commence à me sentir ivre.
« Fous-toi d'ça mon vieux et vois grand ! »
fait Louis, qui soudain se trouble
car il voit si grand tout à coup
qu'il dit : on est huit ! Je vois double !
et tombe en criant : vive nous !

Boire un verre au tonneau
entre joyeux compères,
c'est tenir dans son verre
quand on a le cœur chaud,
c'est tenir dans son verre
tout le canton de Vaud !

Place aux souvenirs militaires
Le Conseiller est artilleur.
Nous voilà tous à la frontière,
Gustave est fusil-mitrailleur !
- Tu te souviens, en mai quarante ?
Ils ont failli sauter sur nous ;
- Alarme ! on dormait sous la tente,
tous armés, nous voilà debout !

fait le narrateur qui s'écroule
sous le tonneau, près de Louis
qui, pour dormir s'est mis en boule
et ronfle l'air épanoui.
Laissons rêver en paix ces braves.
Adieu, les amis. Bon sommeil.
Nous voilà sortis de la cave
En trébuchant dans le soleil !

Adieu Aloys, on se rentre,
mais ton vin est si réussi
qu'il nous a mis du cœur au ventre,
en expulsant tous nos soucis.
On va monter le long des vignes
suer tout ça dans la chaleur.
Nous marcherons d'un pas très digne
de mur en mur, vers les hauteurs.
Et de là-haut, face à la terre,
de terre en cep, de cep en vin,
de vin en fût, de fût en verre,
de verre en ventre, ô jus divin !
nous te rendrons à la nature
au vieux cépage, sans façon
en vue des libations futures
comme il est dit dans la chanson*****.

Boire un verre au tonneau
entre joyeux compères,
c'est tenir dans son verre
quand on a le cœur chaud,
c'est tenir dans son verre
tout le canton de Vaud !


* L'histoire de l'arrivée de la vigne dans le Canton de Vaud, et le courage de vaillants Vaudois qui se sont forcés à boire le jus fermenté de ces drôles de fruits pour éviter que les tonneaux n'explosent. Teaser : Entends-tu le glou-glou dans les verres ? Entends-tu le joli glou-glou ? La servante n'est pas sévère ; vive la vigne de chez nous !

** Un vigneron boit des verres. Teaser : Pas un mot à la Rein'-mère, par le petit raidillon, on dépose ses misères derrière le portillon. Sacré mill' millions d'tonnerres, on va boire comm' des lions, un verre au guillon, ma mère, un verre, un verre au guillon !

*** D'après vous, quel est le type de conseiller le plus probable, sachant que Lavaux, c'est plus qu'une commune, mais pas tout le canton ? Grand Conseil, Conseil national, des États, fédéral, d'État, communal ou municipal ? Autre chose ? Je penche pour ma part pour Conseiller d'État : le canton pour la taille, et l'exécutif, sinon on aurait plutôt dit député.

**** Parti jadis le plus important (et plus à gauche que maintenant), et qui était sauf erreur à la base de la Confédération de 1848. Surnommé le grand vieux parti, il n'arrête pas de diminuer, face à, entre autres raisons, une polarisation vers l'UDC et le parti socialiste.

***** Remarque réthorique ou chanson existante ? Si quelqu'un me trouve l'allusion à ses libations futures... peut-être le Libiamo de la Traviata de Verdi ? Ou bien est-ce une chanson paillarde, avec l'allusion au fait de rendre le vin à la nature ?
 

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468. Lavaux

Si vous habitez en Romandie, et même en Suisse, vous n'avez pas pu manquer l'info : Lavaux est désormais classé comme patrimoine mondial par l'UNESCO. Ca fait toujours une excuse pour célébrer cela avec un petit Épesses*, mais c'est surtout l'occasion de ressortir des jolies images, qui nous changeront des lolcats**, pour les partager avec ceux qui ne connaîtraient pas le plus bel endroit du monde.
Billet spécial, donc, pour mes lecteurs du Grand Estranger du Dehors eud' chez nous.

nomsVinsVaudois
Les appellations des vins vaudois

Lavaux (souvent appelé sans doute à tort Le Lavaux) est la région viticole entre Lausanne et Montreux, qui a de particulier ceci :

  • en terrasses, elle profite du soleil direct comme de la réverbération du lac ;
  • préservée fort heureusement par des lois sans lesquelles elle aurait été défigurée par l'acharnement immobilier ;
  • superbe à voir et à photographier ;
  • donne une vue superbe sur le Lac Léman et les Alpes.

On dit qu'en sortant du dernier tunnel avant d'arriver vers le Lac Léman, les Suisses allemands qui arrivent en train sont tellement subjugués par la beauté du lieu qu'ils en jettent leur billet de retour***. (Cette histoire nous apprend surtout que le Suisse allemand est surtout suisse, et qu'il prévoit donc toujours d'acheter son billet de retour à l'avance.)

Voilà, vous avez maintenant une raison tangible, pragmatique, explicable et raisonnable de venir me rendre visite : c'est pour voir à quoi ressemble le paradis.

Pour les photos :

P.S.  Désolé pour ce billet un tantinet chauvin, mais je vous l'ai dit : c'est spécial pour les gens pas du coin, et dans le tas, y a pas mal de nos voisins francophones.
Pour me faire pardonner et rétablir l'équilibre, un extrait d'une chanson de circonstance, La Ballade des gens qui sont nés quelque part :
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux


* Vin blanc du village éponyme, où se déroulent les championnats de tracasset. Ne pas confondre avec un Époisse, même très liquide.

** Dont je vous causerai tout bientôt. Oui, je sais, je dis toujours ça, et ensuite on attend 5 ans pour avoir. Notez donc que bientôt doit se comprendre à l'échelle de temps de l'humanité.

*** À la radio, ce matin, ils en parlaient encore. Sauf qu'ils parlaient juste de billet de train, pas de billet de retour. Pour qui ne connaît pas l'histoire, ça doit être plus difficile du coup de comprendre pourquoi la simple vue d'un endroit ferait qu'un Suisse se permettrait, 1) de jeter quelque chose - dans la poubelle au moins - durement acquis par le fruit de son dur labeur légendaire, 2) de jeter son titre de transport, ce qui le mettrait dans une situation d'illégalité clandestine impensable.

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mercredi 27 juin 2007

467. Annonces dans le train

Encore plus étrange de prime abord que l'insolite numérotation des places dans le train qui s'explique historiquement ou par une formule compliquée : les annonces.

Je ne me souviens plus trop pourquoi des fois, c'est une voix pré-enregistrée qui fait les annonces et pourquoi d'autres fois, il n'y a rien ou bien c'est le chef de train qui s'en charge. (Quand il faut annoncer les correspondances, parce que le train est en retard, là je comprends.) Je demanderai à mon futur conducteur de train préféré (le futur se rapportant à conducteur, bien entendu).

À l'arrivée à Yverdon, on peut entendre sur le quai : Voie 3, ne montez pas, s'il-vous-plaît. Ce train sera manoeuvré., ce qui semble une information bien utile pour qui ne lirait pas les panneaux (Cossonay-Hamburg-Vallorbe - sans arrêt à Vufflens-la-ville). Mais à chaque fois que j'arrive à Lausanne, je m'amuse toujours d'imaginer que les CFF ont une peur panique à l'idée que quelqu'un pourrait rester dans le train 5 minutes de trop, bien qu'il reste au moins 30 minutes sur le quai : Ainsi, normalement, on a droit à ça :
Nous arrivons à ... Lausanne ... gare ... terminus. Le personnel d'accompagnement des CFF - vous prie de bien vouloir - descendre - et vous dit - au revoir.
Wir treffen in Lausanne ein ... Endstation. Das Zugteam der SBB bietet Sie aufzusteigen und verabschiedet sich von Ihnen.
Next stop: Lausanne. This is the final station. All passengers are kindly requested to leave the train. We wish you goodbye, from the S-Bi-Bi train crew.
Stimedas damas, stimeds signuors, nus rivains a Lausanne, staziun finela. Il personnel dal tren cumplicha a tuots ils viagiatuors da sortir dal tren e piglia cumgio dad els.*
(De mémoire, mais en tout cas, il n'y a pas de Mesdames et Messieurs comme indiqué ici. Et ce soir, pour une fois, il n'y a pas eu la version anglophone... comme quoi c'est quand même vraiment mystérieux.)

Mais il y a quand même du sympathique dans tout ça. En effet, hier soir, pas d'annonce enregistrée, mais un bon accent vaudois et quelques hésitations avec l'anglais :
Meeeedamzaimaissieu-nous-arrivons-à-Lausanne. Tout le mooonde descend, s'il-vous-plaît ! Maïnedamenun-dairren, wirre kommeun in Lausanne an, bitteu allai auf-tsu-chtaïgeun. Euh... wi euraïve in Lausanne... euh... ... euh... everybody go out !

(Et voilà un petit lien pour qui veut encore un peu tâter au charme des trains suisses.)


* Ca c'est en romanche, mais on n'y a pas encore droit malheureusement.

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466. Gags pour matheux 2007

Plus d'une année sans que je ne vous fasse quelques gags pour matheux ! C'est un scannnnnnnnnnnnndale !


calvinMathAtheist

- Tu sais, pour moi, les maths ne sont pas une science ; c'est une religion.

- Une religion ?

-

- Ouais. Toutes ces calculs, ça marche par miracle. Tu prends deux nombres et quand tu les additionnes, ils se changent en un autre nombre comme par magie ! Personne n'arrive à dire comment ça se peut ; et toi, t'as juste le choix d'y croire ou non.

-

Ce bouquin ne contient que des trucs qui doivent être crus sur parole ! C'est une religion !

-

- Et dans une école publique, en plus. Appelle un avocat.

- En tant qu'athéiste des maths, je devrais être dispensé de ces devoirs.

*

A quoi reconnait-on un mathématicien extraverti ?
Il regarde vos chaussures quand il vous parle.

*

Jésus et ses disciples se promènent, quand soudain celui-ci leur dit :
Le Royaume des cieux, c'est 3x2+8x-9 !
Les disciples, ne comprenant pas, se tournent vers Pierre, qui leur répond :
Faut pas trop chercher, c'est juste une de ses nouvelles paraboles.

*

La vie est complexe : elle a son côté réel mais aussi une partie imaginaire.

*

Un matheux demande à un autre :
- Est-ce que tu crois en un Dieu unique ?
- Oui, à un isomorphisme près.

*

Pourquoi la poule traverse-t-elle le ruban de Moebius ? Pour aller de l'autre... euh... hum.

*

Comment un matheux cuit-il un oeuf ? En évaluant la dérivée en le feu de 1,9·log(x).

*

Certains disent que le pape est le plus grand des cardinaux. Mais ce n'est pas vrai, puisque chaque pape a un successeur.

*

Les ingénieurs pensent que les équations sont une bonne approximation du monde réel.
Les physiciens pensent que le monde réel est une bonne approximation des équations.
Les matheux, eux, ne voient pas le rapport.

*

C'est le petit Jean-Romain qui ne s'applique pas du tout en classe et rapporte des notes catastrophiques en maths. Après avoir fait toutes les écoles privées possibles, ses parents tentent le tout pour le tout : le mettre dans un internant catholique.
Là, miracle, Jean-Romain a toujours 6 sur 6 en maths. Quand ses parents lui demandent pourquoi il s'est décidé à travailler enfin, il leur répond : Ben en arrivant, quand j'ai vu qu'ils avaient cloué un type sur un plus, je me suis dit que j'avais intérêt à bosser.

*

- Papa, tu veux pas faire mes devoirs de maths à ma place ?
- Non, ce ne serait pas correct.
- Pas grave, l'important c'est d'essayer.

*

...Le nombre que vous avez composé est imaginaire. Veuillez tourner votre téléphone de 90° et recommencer...

*

Les Romains ne s'intéressaient pas à l'algèbre, et on les comprend : pour eux, x valait toujours 10.

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jeudi 21 juin 2007

465. Je glande au taf

C'est censé être un concours, mais l'important pour moi sera juste de participer, parce que ces temps, c'est plutôt je croule au taf. (Et comme souvent, plus on a de boulot qu'on n'a pas envie de faire, et plus on se dit que c'est le moment idéal pour faire un petit billet sur l'impact des rongeurs sur le climat d'Eurasie.)

Concours : montrer par une photo qu'on glande au taf.

Dur, dur de le montrer ; chez moi, c'est généralement que je suis connecté sur ma machine de la maison en train de programmer un algo pour résoudre un des problèmes du Projet Euler. Ou bien je passe en revue les nouveaux jeux trouvés sur Kopikol (sur l'écran, Crazy Mammoths). Les mots-croisés, je les garde pour le train et le midi, avec la version en allemand pour quand je rentre (où je ne comprends même pas la plupart des définitions).

Enfin, là où l'on voit le mieux mes priorités, c'est quand même sur la liste des choses à faire que j'écris chaque matin ; j'ai rajouté en rouge les titres, mais comme la photo est pourrie, je vous les redonne : PERSO / À BLOGUER / BOULOT. Avec, respectivement, 6 lignes, 9 lignes, et 1 ligne. Pour aujourd'hui.
Je ne cadre pas plus large, parce que ma façon de ranger mon bureau ne sied pas à un public non averti.

jeGlandeAuTaf

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464. Analemme (comme il a été)

Le 21 juin, ce n'est pas que l'occasion de sortir des mots compliqués - analemme - qu'on dirait que c'est une position érotique ou une affection dermatologique d'une zone sensible. Non, c'est aussi, et plus généralement, l'arrivée de l'été, la fête de la musique ou encore l'occasion de vous raconter ma journée. Et c'est aussi le jour le plus long par son ensoleillement - pas de quoi se réjouir, ça veut surtout dire que dès maintenant, les jours raccourcissent !

On en concluerait facilement que c'est donc aussi le jour où le soleil se lève le plus tôt et où il se couche le plus tard. Eh bien non. Demain, il se couchera encore un peu plus tard, mais se lèvera aussi plus tard. Et tout ça, c'est à cause de l'analemme ; le salopard. Ainsi, le lever le plus tôt sous nos latitudes est autour du 14 juin, alors que le coucher le plus tard se situe autour du 27 juin.

L'analemme, c'est le huit que forme le soleil dans le ciel, si on le regarde chaque jour à la même heure. Vous saviez que le soleil est plus bas à midi en hiver qu'en été. Mais il ne varie pas que verticalement. Et comme le huit est penché par rapport à l'horizon au lever et au coucher, eh bien les points les plus extrêmes ne coïcident pas avec les extrémités du huit (à savoir les solstices d'hiver et d'été).

analemmes
Image empruntée au site analemma.com

Ce décalage dans les heures de jour est expliqué en détail et avec des animations bien faites sur le site analemma.com. Mais comme on le voit, ce n'est qu'un effet de la forme en huit de l'analemme. Reste à savoir pourquoi le soleil fait cette étrange course en huit au lieu de bêtement changer de hauteur le long d'un segment de droite.

Le plus simple si vous comprenez l'anglais est d'aller voir les nombreuses explications et animations directement sur le site.

*
*   *

Résumé pour les feignasses qui comprennent vite :

La terre autour du soleil, les saisons et tout ça, j'imagine que vous voyez. La terre étant une toupie penchée, le haut de la toupie est plus éclairée par le soleil quand elle penche vers lui, c'est l'été, youpie. En fait, lorsque le soleil est le plus haut, c'est le solstice d'été, et il marque le début de l'été. Cela arrive autour du 21 juin, mais cela dépend des années, corrections bissextiles obligent. En 2007, c'est autour de 18h le 21 juin. Ce qui est marrant, c'est que quand c'est la lune qui est le plus haut, tout le monde s'en fout.

*

Un premier phénomène qui explique la forme bizarre, c'est le fait que l'orbite de la terre n'est pas un cercle parfait mais une orbite en ellipse. Ce qui veut dire que la vitesse autour du soleil n'est pas constante, alors que la terre tourne sur elle-même toujours avec la même durée (tout en ralentissant très légèrement au fil du temps, à cause des marées). Ainsi, le soleil de midi est parfois un peu en arrière, parfois un peu en avant.

*

Le second phénomène est dû au fait que l'axe de la terre est penché, ce qui, on le sait, est responsable déjà des saisons et de la hauteur du soleil dans le ciel. La course du soleil de midi autour de la terre durant un an forme donc un cercle penché par rapport à l'axe de rotation. Or, un cercle penché est une ellipse, ce qui va donner un décalage comme avec l'orbite.
Pour bien comprendre, il suffit de regarder cette vidéo montrant la course du soleil autour de la terre.

soleilEnAvance

Sur ce détail, on voit que le soleil vrai, qui suit un chemin penché, a un décalage vertical.
Cela explique le décalage gauche-droite du soleil au fil de l'année.

L'animation montrant la terre vue du soleil au fil de l'année montre bien le huit qui est créé si la terre garde son axe toujours dans la même direction, alors qu'elle tourne autour du soleil.

(À noter que sur Uranus, dont l'axe de rotation est quasiment horizontal, les effets sont tels que les habitants ne parlent plus de jour ou de nuit, mais se contente de faire la fête. Et, même si les pôles sont alors plus ensoleillés que l'équateur, celui-ci reste quand même plus chaud. Attention, il est important de ne pas confondre anelemme sur Uranus et analenema on Uranus.*)

*

En combinant ces deux effets, on obtient un truc sympa. En gros, l'inclinaison terrestre donne un huit parfait, mais l'excentricité de notre orbite accentue l'effet en hiver (grosse boucle) et le réduit en été (petite boucle). Le soleil est ainsi au fil du temps jusqu'à 15 minutes en avance ou en retard.

analemmaGraphesSommes          analemmaPrecis

Sur ce, bon été à tous.


* Nommer un serveur informatique par un nom de planète correspond bien aux informaticiens, mais, comme on peut le voir sur ce dessin, il n'est pas recommandé de le nommer Uranus, du moins dans un contexte anglophone ; j'adore particulièrement le double sens de downloading logs from Uranus...
(Et en français, on peut toujours dire que les astronomes adorent mettre l'orbite sur l'uranus.)



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463. L'appétit (maison dans la prairie)

Un moment que je ne vous ai pas gratifiés de quelques connaissances futiles ; à se demander encore de quoi vous auriez parlé à l'anniversaire de Tante Berthe* ce week-end ou lors de cet cocktail-dînatoire** organisé en l'honneur du divorce du patron.

Le journal Heute**** a une page Wissen (savoir) qui est souvent intéressante. Il y a le nombre du jour (genre il faut 7 tonnes de wapitis pour faire un vase de chine en peau de mouton) ou encore une fausse croyance démontée (non, les femmes ne sont pas une minorité). Enfin, je donne des exemples, mais c'est au hasard ; en fait il faut bien 8 tonnes à cause des pertes - pour les wapitis, hein, parce que pour les femmes, j'ai jamais pesé leurs pertes.

Mais il y a aussi le résultat d'un travail de recherche récent. Et c'est varié et souvent intéressant, même si les nouveaux résultats sont toujours à prendre avec recul tant qu'on n'a pas refait les expériences soi-même (mais allez trouver un bon panel de 1000 scatophiles unijambistes pour vérifier que la proportion de gaucher est pareille que dans la population générale !). Et dans le Heute d'hier (oui, je sais, ça vous fait rire), la vérité nue m'est jetée en pleine figure ; dans une langue barbare, en plus, que ça vous donnerait des envies de faire le cochon pendu depuis le Pont Bessières.

Lauf dich satt!
Mehr Sport - mehr Hunger - mehr Gewicht? Falsch! Wer Sport treibt, verbraucht nicht nur Kalorien, sondern mindert auch das eigene Hungergefühl.

Et parce que je sais que tous mes lecteurs ne sont pas polygouniottes, voilà une traduction sommaire.
Cours-toi repu ! (Qui court dîne! serait moins littéral)
Plus de sport - plus d'appétit - plus de poids ? Faux ! Le sport ne fait pas seulement dépenser des calories, mais diminue aussi la sensation de faim.

Et voilà, ma meilleure excuse - tellement bonne que j'y croyais moi-même -, jetée aux oubliettes. Je tiens donc à profiter de cette place publique pour présenter officiellement mes regrets à tout ceux à qui j'ai servi ce credo pour les avoir ainsi trompés. Et j'en profite aussi pour passer une petite annonce : cherche excuse de bonne qualité pour manquer le sport, à utiliser de suite et contre bons soins et usage réguliers. Merci.

N'empêche, après le sport, je me goinfre quand même toujours. Mais c'est peut-être juste parce que je déculpabilise.

*
*   *

Je ne vais pas vous laisser filer ainsi, vous ne tiendrez pas 5 minutes face à Tante Berthe qui en connaît plus que quiconque parce qu'elle a connu le rationnement des dernières guerres et les patates dans les pots de fleurs. Je livre en vrac.

  • La faim et l'appétit ne sont pas la même chose. Ainsi, il m'arrive souvent de dire J'ai faim, mais j'ai pas d'appétit (j'ai besoin de manger, mais je ne m'en sens pas l'envie), et d'un autre côté, j'ai très souvent de l'appétit alors que je n'ai pas faim (mais soif, ou alors c'est juste de la gourmandise).
  • La faim est commandée par le cerveau, par un besoin de se nourrir. Le cerveau se base sur le taux de sucre dans le sang, et non pas sur le ventre plein ou vide. Qui mange trop vite n'atteindra pas la satiété avant la fin du repas. Le gargouillis, en revanche, part bien du ventre. Sauf quand on l'imite avec la bouche.
  • L'appétit est l'envie de manger, en général, pour calmer la faim. L'appétit est une appétence, et c'est un mot fort joli à replacer au plus vite, surtout dans un contexte sexuel.
  • L'insuline - qui a à voir avec tout ça mais je vous dis pas pourquoi ce serait trop long et après je vais encore parler de diabète, de foie, de parasites et Dieu sait où ça nous mènera -, s'appelle ainsi (même racine qu'insulaire), parce qu'elle est produite dans les îlots de Langerhans.
  • Un régime qui coupe l'appétit est le régime totalitaire. Même pas une carotte, que du bâton.
  • Le wapiti est un mammifère herbivore de la famille des cervidés, qui ne doit pas être confondu avec le wallaby, terme générique qui inclut les macropodidés (bêtes à grands pieds, c'est la famille des kangourous) qui ne sont pas assez grand pour être des kangourous.
  • Berthe, votre tante, tient peut-être son nom d'une des célèbres Berthe : Berthe au grand pied. Elle fut la concubine de Pépin le Bref (parce qu'il était petit) et la mère de Charlemagne (Carolus Magnus, parce qu'il était grand - d'esprit). Elle aurait eu un pied plus grand que l'autre, et non pas les deux pieds de grande taille. Sinon, les descendants de Pépin le Bref et de Berthe au grand pied seraient des petits macropodidés, et on les aurait donc appelés des wallabies.
  • Le mariage est la première cause de divorce en France métropolitaine.


* Tiens, rien qu'aujourd'hui, c'est les 4 ans de mariage de mon frangin, les 2 ans de ma petite-cousine et les 81 berges de ma tante.
** Dieu que je hais ce mot, mais ça va mieux depuis que je sais plus ou moins ce qu'il signifie : en gros, t'as un buffet d'apéro, mais faut te goinfrer, parce que tu peux te gratter pour avoir la suite du repas. Dînatoire : abondant et long comme un dîner***, en parlant d'un déjeuner***. Ce qui est stupide, vu que le souper*** devrait être frugal et moins copieux que le dîner***.
*** Souper, chez nous = dîner chez eux ; dîner chez nous = déjeuner chez eux. Et chez vous ?
**** Aujourd'hui, en allemand, journal gratuit qui sort dans la journée avec les nouvelles du jour. J'ai longtemps cru que les journalistes suisses-allemands étaient meilleurs que les romands, vu qu'ils avaient toujours les nouvelles avant.

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jeudi 14 juin 2007

462. Moquons nous des jeunes malpropres*

Je voulais vous raconter mon ouiken', avant que le suivant n'arrive et que je me voie obligé de vous raconter celui-là qui s'annonce bien mon intéressant (mais tout aussi chargé**). Seulement, je n'ai pas eu le temps ; alors je vais faire les fonds de tiroirs et mettre 2-3 trucs qui attendaient une bonne occasion.

D'abord, on se met en forme avec un bon nawak des familles. Poussez de jeunes innocents à se ridiculiser avec talent, je ne peux qu'applaudir d'une main maladroite (l'autre servant à se taper le front en disant Tcheu, c'est pas possib' !).

Et pour la bonne bouche (hem), une fausse publicité du meilleur... euh.... goût.

Mascul-OUT, shoot it in every load!

(Et en bonus, une autre pub apparentée)


* D'une manière moins littéraire que Desproges, j'en conviens.

** Ca dépendra aussi du temps, mais d'après Ikkkare, on aura du soleil et p'is des nuages et du soleil et des nuages et p'is du soleil et des nuages.***

*** Et parce que j'y pense dès qu'on cause météo, je ne peux m'empêcher de citer Marie-Thérèse : Il veut bosser à la télé ? Oui, ben à part la météo, j'vois pas... Sô-leiiiiiil !)

Posté par anceps à 20:36 - Rigolons z'un peu - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 13 juin 2007

461. Paris stupide

On pourrait penser que la vacuité de Paris ne peut que déteindre sur les articles à son sujet. Tout a-t-il seulement été dit à son sujet ? "Première nuit en prison pour Paris Hilton. Son cerveau verra enfin à quoi ressemble une cellule."* peut-on lire chez Lavomisse, qui, en blogueur talentueux qu'il est, a réussi le bel exploit de nous gratifier, en plus de celui-ci, de pas moins de 3 articles consécutifs sur la célèbre blonde, sans se départir bien évidemment de son oeil critique et tout en sachant garder un humour frais et primesautier.

*

Le journal Heute avait eu la bonne idée, dans leur opération Free Paris, de préparer un gâteau avec une lime (l'outil, pas le fruit, même s'il s'agit bien d'un cake au citron), qui aurait permis son évasion. Malheureusement, le colis a été retourné, car FedEx aurait eu vent de l'affaire. J'imagine sans peine que l'opération était de toute façon vouée à l'échec : avec les gros barreaux de sa cellule, ça ne m'aurait pas étonnée que ce soit Paris elle-même qui aurait fini par se faire limer.

gateauLime

  freeParis

Admirons au passage le bon goût de la décoration du cake,
qui ne dépareillerait pas avec le style de l'incarcérée.


*

Enfin, mu par la même idéologie que la Migros et son slogan Produit de la région, n'oublions pas de constater que la bêtise est de bien meilleure qualité au plus proche de chez nous. Avec presque autant de culture qu'une jachère, voilà la revanche des belles françaises ; savourez, c'est du bio : pas d'artifice chez ces plantes, mais beaucoup de saveur.


* Variante : Paris est dans une cellule grise, le contraire est peu probable.

Posté par anceps à 16:23 - Rigolons z'un peu - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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